DĂ©couverte de EndeavourOS

4 oct. 2021

Grâce à la communautée Open Source / Libre, il existe une floppée de distributions Linux. Avec les plus connues : Debian, Redhat, ArchLinux ; les plus ciblées : Gento, Tail, Qubes OS ; Alpine les plus accessibles : Ubuntu, Linux Mint, Fedora ; les moins connues : AlmaLinux OS, Artix, Lite...
Bref, vous l'aurez compris, il y a sûrement une distribution qui vous sied comme la pantoufle de verre sied à Cendrillon.

Personnellement ma distribution préférée c'est ArchLinux, pour son côté (très) minimaliste et ses mises à jour constantes. J'ai tenté Fedora, Debian, Ubuntu (bon ok, 5 minutes, l'intalleur était buggué sur une LTS) mais à chaque fois je retourne sur ArchLinux (on n'oublie pas son premier amour). Le soucis, c'est que si je veux l'installer, il me faut le faire à partir de 0, récupérer la liste des dépôts, installer ArchLinux, configurer mon interface graphique. Et sur mon PC portable c'est une plaie, je dois récupérer le pilote pour la carte réseau et un autre pour la carte graphique, configurer la carte graphique sinon le ventilateur de cette dernière ne s'allume pas et l'ordi se coupe par sécurité (trop chaud)... En plus, qui dit repartir de 0, dit devoir trouver le temps et surmonter la flemme

Vous l'aurez compris, ArchLinux j'aime bien, mais si je peux l'installer en quelques clics, c'est mieux.
Et là, je découvre EndeavourOS. Ça tombe bien, mon PC portable a fait un tour sur Manjaro pour des raisons de simplicité et... Bah il a fait 3 semaines avant de planter (genre terminal inaccessible) alors que j'ai juste fait une mise à jour et installé Zoom (erk). J'aime pas Manjaro.
En plus ce système d'exploitation récemment découvert se veut comme étant la suite d'Antergos. D'ailleurs Wikipédia indique bien qu'il a été fondé par d'anciens participants à Antergos.

Retour aux sources

Pour ceux qui ne connaissent pas Antergos, il s'agissait d'un "installeur" de ArchLinux qui proposait également ses propres dépôts "stable" ou ceux d'ArchLinux. L'installeur (Cnchi) était simple et fonctionnel et on pouvait y choisir son interface graphique, ses logiciels. Je ne me souviens plus cependant si ça installait et configurait les pilotes propriétaires Nvidia.

Uniquement pour s'en inspirer

Contraitement à Antergos, EndeavourOS bénéficie de quelques différences notables : une interface et des couleurs moins vieillottes, l'installeur est différent (il s'agit de Calamares, utilisé par Debian par exemple, au lieu de Cnchi) et les tâches de maintenance se font sur un terminal "automatisé" et non via un programme graphique. Automatisé car il est possible de lancer les mises à jour en cliquant sur un bouton qui va lancer un terminal avec la commande pacman executé. Bien entendu, certaines actions (comme installer un paquet) devront passer par le gestionnaire de paquet Pacman (hérité de ArchLinux) ou Yay (pour les dépôts AUR).

Le test

Assez rapidement, je trouve un créneau et j'installe ce nouveau système d'exploitation.

Au démarage du live USB, l'installeur va vous proposer un fonctionnement "nonfree" pour le démarrage et l'installation avec les pilotes propriétaires, ou un fonctionnement free. Je n'ai testé que nonfree pour ma part.

L'installeur est connu et fonctionne parfaitement, j'ai même été surpris que le boot soit chiffré alors que généralement seul les disques le sont (quand l'OS arrive à le faire (toise du regard Ubuntu et Manjaro)).
J'ai bien aimé l'étape où l'installeur demande quel environnement on souhaite (Gnome, XFCE, KDE, Cinamon, Buddgie, LXQt, i3-WM ou Mate), ainsi qu'une liste de programme à avoir par défaut comme des outils d'accessibilité, les outils de gestion d'impression et les HPlips. Contrairement à Antergos, la liste ici est groupée et courte, mais chaque logiciel dans ces groupes peut être sélectionnés manuellement. Pas la peine de chercher Firefox, ici vous n'avez que le strict nécessaire pour avoir votre OS fonctionnel. Vous vous occuperez des programmes "utilisateurs" (Firefox, libreoffice...) quand votre système d'exploitation sera démarré.
Pour ma part, j'ai sélectionné les HPlips, cups et Gnome (kestuvafèr ?). L'installation se lance, finit rapidement et on démarre sur le nouveau système d'exploitation.
Pour la "mauvaise" blague, le boot utilise un clavier en_US, donc il faut faire attention quand on tape un mot de passe de chiffrement à bien connaitre son clavier en Qwerty. Je ne sais pas si ce fonctionnement est modifiable (et j'ai clairement la flemme de le chercher, ça pimente un peu le déverouillage du PC :D).

On arrive donc sur un OS tout frais installé avec le strict minimum fonctionnel, son interface graphique, les choix réalisés pendant l'installation et les drivers propriétaires. L'ordinateur fonctionne donc sans aucune autre bidouille. Une petite fenêtre nous accueille cependant avec quelques boutons.

Ici nous pouvons mettre à jour l'ordinateur, choisir les miroirs les plus proches, avoir de l'aide (beaucoup d'aide en fait) qui redirige vers les différentes page du site web d'EndeavourOS ou du ArchWiki (best documentation ever), télécharger des fonds d'écran (par défaut il n'y en a qu'un) et avoir de l'aide sur les paquets EndeavourOS (eos-*). Si vous avez configuré le eos-update-notifier, à chaque démarrage l'OS va faire apparaitre une petite notification vous indiquant qu'il y a des mises à jour à effectuer. En cliquant sur "Mise à jour système" un terminal va s'ouvrir et lancer un pacman -Syu. Deux actions restent à faire : valider et taper le mot de passe root.
Une fois la mise à jour terminée, s'il s'agit de composant système (comme le kernel), une notification va apparaitre avec comme message "Il est recommandé de redémarrer l'ordinateur". "Recommandé", vous faites ce que bon vous semble mais ça serait tout de même bien.

Et c'est globalement tout pour vous accompagner.
Vous voulez installer un paquet ? Utilisez yay ou pacman, vous allez sur "Welcome", vous sélectionnez "liste des paquets ArchLinux" ou "Astuces" > "Gestion paquets". L'utilisation du terminal est présent pour faire les opérations "d'administration" donc il faut deux - trois connaissances en Linux et surtout avec ArchLinux. Au delà, l'environnement de bureau choisit (Gnome par exemple) apporte généralement tout les outils graphique nécessaire pour se passer du terminal (comme la gestion des disques).
Finalement, quand je regarde bien, l'utilisation du terminal même sur les systèmes de tout les jours sont très peu folklorique :

  • vim (depuis que je sais faire :q je ne veux plus le quitter).
  • Installation de logiciel et mise Ă  jour du pc et des paquets (sauf Windows...)
  • SSH (donc lĂ , c'est que de la ligne de commande pour gĂ©rer mes serveurs)

C'est majoritairement tout.

Conclusion

Franchement EndeavourOS a été une grande surprise, ça juste fonctionne dès le début. L'installation se fait facilement, j'ai pas 8 milliards de paquets inutiles. L'OS resiste aux mises à jours (contrairement à une installation Manjaro avec moi (je précise pour pas avoir de "chez moi ça marche", chez moi ça n'a jamais fonctionné mais si ça fonctionne chez vous tant mieux)) et je peux quand même customiser mon OS sans risquer de tout exploser.
En fait je trouve que EndeavourOS a trouvé le juste équilibre : utiliser totalement ArchLinux et son environnement tout en ajoutant quelques paquets pour faciliter l'utilisation de ce dernier mais en laissant un terminal afin de ne pas refaire toute une GUI. Une parfaite maitrise du KISS qui permet à l'équipe de ne pas avoir à gérer un OS complet mais à se focaliser sur quelques points (comme l'installeur, les configurations, les scripts d'automatisations...).

Bref, une excellente expérience pour moi, et j'apprécie beaucoup pouvoir retrouver mon PC portable sans me dire "qu'est-ce que Manjaro a explosé" ou me dire qu'il faut que je réinstalle ArchLinux mais flemme car la carte graphique va me casser les pieds.

Sur ce, portez-vous bien.

Dryusdan

Chasseur de bug et régleur de problème (alias DevOps).

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